La biochimie de l'amour

2.L'aprés coup de foudre



Mais au bout d'un certain temps, le cerveau s'habitue aux décharges répétées, les récepteurs disposés sur nos neurones, perdent leur sensibilité aux différentes hormones comme la NGF (environ 1 an), la dopamine (qui dure maximum 6 ans), et plus particulièrement à la PEA (environ 3 ans) Par exemple dans L’amour dure 3 ans De Frédéric BEIGBEDER on peut voir ceci car au bout de ces trois années il ne supportait plus sa main sur la sienne il disait même « Elle me prenait gentiment la main et moi que voyais-je ? Une main molle, blanchâtre, avec la consistance d'un gant Mappa. »  

En effet, la monotonie aidant, nos systèmes nerveux et hormonaux ne nous fournissent plus ce cocktail détonnant qui nous faisait voir la vie en rose...

Certaines personnes ont du mal à vivre sans ressentir ces sensations, ce qui explique les ruptures quand le désir exacerbé et la passion n’y sont plus. D’autres, ont la chance de passer au cocktail plus simple de l’ocytocine et des endorphines.

 

           1. L’amour qui dure


            L'amour  passionné du coup de foudre finit par passer et vient le temps de l’amour raisonnable et sincère. On  peut voir cela dans l'ouvrage de John gray extrait de  « L’été de l’amour» : advient cette période estival qui nous fait comprendre que notre partenaire ne peut être aussi parfait que nous l’imaginions, et que nous devions travailler pour maintenir une relation saine. Nous réalisons que non seulement notre partenaire subit l’influence d'une autre planète, mais qu’il est soumis à la fragilité de la nature humaine. La frustration et la déception font leur apparition les mauvaises herbes ont besoin d’être arrachées et les plantes réclament plus d’eau pour résister aux brulures du soleil. Il est devenu moins facile de donner et de recevoir de l’amour. Nous découvrons que nous ne sommes pas toujours heureux et que nous nous sentons pas toujours aimant. Notre image de l’amour a changé. A ce point, bien des couples perdent des illusions. Les partenaires ne sont pas prêts à travailler à ce que leur relation tiennent. Ils sont irréalistes au point de croire que le printemps devrait toujours durer. Ils blâment leur partenaire et l'abandonnent. Ils ne réalisent pas que l’amour n’est pas toujours facile, qu’il peut avoir requérir des efforts sérieux lorsque le soleil de nos difficultés se fait trop brulant. Au cours de l’été de l'amour, nous devons prendre soin des besoins de notre partenaire tout en nous assurant de recevoir l'amour qu’il nous faut. Tout cela ne se produit pas automatiquement.» Des autres hormones viennent alors prendre le relais comme l'ocytocine et la vasopressine *, ainsi que la sérotonine, qui en dehors de leurs fonctions hormonales seraient également des neuromodulateurs. Ces hormones de l'amour durable,  sont stables et douces et procurent de la sécurité et de l'attachement.

Les endorphines apportent également le calme, soulagent la douleur et réduisent l'anxiété. Le sentiment de bien-être qu'elles procurent se traduit par une relation affective très forte que l'on ne veut pas interrompre. On peut maintenant parler, manger et dormir en paix. C'est l'attachement, l'harmonie complète. John Gray le décrit dans Les hommes viennent de mars et les femmes  de Vénus "L’automne de l’amour"  : Apres avoir prodigué les meilleurs soins pendant l’été, c’est le moment de récolter les fruits de notre labeur. L’automne doré est arrivé. C’est un période riche et gratifiante. Notre amour à plus de maturité et nous savons mieux accepter et comprendre les  imperfections de notre partenaire les nôtres. C’est le moment de l’action de grâces et du partage. Ayant travaillé dur tout l’été, nous pouvons nous reposer et apprécier l’amour que nous avons créé.L'automne on se rend compte des défaults de l'autre, l'amour commence à se détruire, c'est un parallélisme à la nature quand les feuilles fânent.» Un bonheur tranquille qui peut durer des années, si on passe à travers le sevrage de phényléthylamine. 

L’acte sexuel libère  de la lulibérine, testostérone, dopamine et endorphines.  Le lien chimique avec la sexualité est si évident qu’un traitement hormonal peut annuler les pulsions sexuelles d’un délinquant. On parle alors de castration chimique.

            Dans son même livre, John gray  explique ce qu'est  "L’hiver de l’amour" ? Voila le temps qui change encore et qu’il se refroidit. Pendant de long mois la nature dort. C’est le temps du repos, de la réflexion et du renouveau. Dans les relations de couple, c’est le moment où le couvercle saute et où nos émotions refoulées remontent à la surface. C’est un moment de croissance solitaire, où il vaut mieux puiser davantage dans nos propres sources amoureuses que de compter sur celles de notre partenaire pour nous épanouir. C’est comme une cure. C’est le moment où l’homme hiberne au fond de sa caverne et où la femme descend au fond de son puits. Après pour être aimés et guéris dans la pénombre de l’hiver, le printemps revient inévitablement et le cycle est complet. Une fois de plus nous nous retrouvons animés par l’espoir, l’amour et l’abondance des possibilités. Et, selon la profondeur de notre examen de conscience et l’efficacité de notre cure hivernale, nous retrouvons la capacité d’ouvrir notre cœur et de laisser l’amour printannier nous envahir. Ici l'hiver correspond à la mort de l'amour et l'explosion de toutes nos émotions refoulées cela fait référence à la nature morte et froide. Cependant le toucher demeure, pour les deux partenaires, la meilleure façon de conserver le niveau d'ocytocine nécessaire pour faire durer le couple. On pense même que l'ocytocine pourrait avoir un effet sur le vieillissement. Une étude a démontré que les personnes qui faisaient l'amour trois fois par semaine dans une relation stable paraissaient dix ans plus jeunes que leur âge.

On peut également préciser que l'attachement ne se fait pas de la même manière pour l'homme et pour le femme:

 Chez la femme, l'attachement est lié à son taux d'ocytocine. Dans le couple, elle est stimulée par les cadeaux, l'attention et les rapports sexuels. Ainsi, la masturbation féminine peut provoquer à celle ci un sentiment d'attachement alors qu'il n'y a personne d'autre dans la pièce. La femme ressentira toujours un manque de cette hormone, car la dose "à atteindre" est tellement grande qu'elle ne sera jamais atteinte. Pire, lors que la production de celle-ci baissera au bout d'un an ou deux, elle provoquera une "frustration inexpliquée de manque d'attachement". Elle peut atteindre un niveau exceptionnel à la naissance d'un enfant, et ne baisse que 3 à 6 mois ensuite.

Chez l'homme, la production d'ocytocine suit la même courbe, mais avec beaucoup moins d'amplitude. L'attachement chez l'homme s'explique plus par l'endorphine (sexe) et adrénaline (affection). Cela explique que l'homme s'attache plus rapidement, mais souvent "moins fort". Son attachement semble plus "rationnel" et "terre à terre". L'ocytocine est une hormone dite "personnalisée" (produite a la présence d'un ou quelques individus bien précis) alors que l'adrénaline n'est pas personnalisée. Cela explique certains comportements: quand l'homme n'a pas sa dose d'affection auprès d'une femme, il est tenté d'en chercher aussi chez une autre (sa mère, généralement, une autre femme, une amie, une collègue ...)


 

     2. L’amour qui dérape...


 

« Désolée chéri, tes phéromones m’avaient attirée comme aucune autres, mais tu ne produis pas assez de phényléthylamine et de dopamine et du coup mes propres taux sont en chute libre. La sécrétion d’ocytocine aurait pu sauver notre couple, mais je manque d’attention et de tendresse et je n’arrive plus à en produire assez non plus. Dommage, j’aurais aimé que nous secrétions des endorphines pour le meilleur et pour le pire jusqu’à ce que la mort nous sépare.» Après le coup de foudre, ce n'est  qu'une question de temps, les amours les plus folles deviennent doucement plus sages. Certains couples n'arrivent pas à traverser cette passe. L'attirance pour notre partenaire va en diminuant, alors que celle envers des personnes tierces augmente.

   En fait notre système limbique n'est plus préparé à recevoir les stimuli du bonheur et l'amour dépérit petit à petit jusqu'à atteindre le seuil fatidique de la rupture. L'amour qu'on portait à notre partenaire disparaît alors totalement si rien de significatif n'a du être fait pour renforcer cette idylle.

 

Celui qu'on appelait trois fois par jour rien que pour entendre sa voix, nous devenons insupportable lorsqu'il passe deux jours consécutifs à la maison. La rupture, est la seule solution pour retrouver l’adrénaline d’une conquête amoureuse.

         Par contre, s'il y a rupture dans la période la plus forte de dépendance, il y a un sevrage brutal qui peut causer une douleur physique véritable, un peu comme le sevrage d'un toxicomane. "La douleur est extrême, lorsque l'on voit partir la personne que l'on aime." Carbon de Flins des Oliviers exprime parfaitement la dépendance qui existe entre une femme et un homme.

Quand la production d’ocytocine diminue ou que l'être aimé s'éloigne, la sensation de manque est telle que c'est la crise, l'hystérie. L'idée même que celui-ci s'en aille, que la production baisse est intolérable ce qui entraine beaucoup d'angoisse et de possessivité ! 

l'ocytocine et la vasopressine (Ce sont des hormones voisines qui sont très influentes sur toute une gamme de comportements humains, de l'attachement maternel à la sociabilité, en passant par l'orgasme et l'érection. Utilisée en obstétrique pour déclencher les accouchements et favoriser la lactation, l'ocytocine joue un rôle fort dans le plaisir et l'addiction, la confiance, la mémoire sociale, la fidélité conjugale, la protection des enfants. Pour résumer, dans toutes les attitudes favorables à la conservation de l'espèce. L'ocytocine favorise la production d'œstrogène. Elle est produite lorsqu'on reçoit des cadeaux, du temps, de l'attention, de la communication et aussi du sexe, de la part d'une personne proche.)

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